Statistiques sur l'éducation

Enquête menée par l’OCDE sur plus de 510 000 élèves de 65 pays et économies

Entre Pisa 2000 et Pisa 2012, en France, le pourcentage d'élèves en grande difficulté de lecture est passé de 15 à 19% . Sur cette même période, le pourcentage diminue dans les autres pays.

D'après l'étude Cèdre, le pourcentage d'élèves quittant l'école primaire avec des difficultés en lecture serait de 39%.  Les élèves sont dans l'incapacité par exemple d'identifier le sujet d'un texte ou d'associer des informations séparées dans un texte. Selon Pisa, 37% de élèves arrivés à la fin du collège ont un niveau de compréhension insuffisant.

Lien vers l'article "Lecture : La révolution Cnesco" :
http://www.cafepedagogique.net/LEXPRESSO/Pages/2016/04/08042016Article635956971961829824.aspx

Selon le rapport Pisa (2012), 13% d’élèves français âgés de 15 ans sont peu performants dans les trois domaines sur lesquels ils sont testés : sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit.
http://www.oecd.org/france/PISA-2012-low-performers-France-ENG.pdf

Liens vers les recommandation de l’OCDE :
http://www.oecd.org/fr/education/aider-les-eleves-les-plus-faibles-est-essentiel-pour-la-societe-et-pour-leconomie-selon-locde.htm
La France était classée 18e parmi les 34 pays de l’OCDE en 2003. La France descend aujourd’hui à la 23e place alors que l’Allemagne gagne dix places (l'Allemagne en 10e alors que était 20e). La France est juste devant le Royaume-Uni et loin devant les États-Unis (27e avec seulement 481 points).
http://orientation.blog.lemonde.fr/2013/12/07/enquete-pisa-2012-la-france-decroche-en-maths-mais-remonte-en-comprehension-de-lecrit/

Au niveau national, l'enquête CEDRE 2014, estime, tout comme en 2008, qu'en fin de l'école primaire, environ 40% des élèves français sont en difficulté en mathématiques et, davantage encore, en fin de collège.
http://www.cnesco.fr/wp-content/uploads/2015/12/DP_numération_site.pdf


Enquête sur le niveau de l'orthographe grammaticale sur des élèves de CM2 à la 3e entre 1987 et 2005

Orthographe : à qui la faute?Cette étude a été publiée dans le livre :  « Orthographe : à qui la faute ? » Manesse & Cogis.  2007
étude sur 2767 élèves de CM2 à la 3e

La conclusion de l'enquête, menée auprès de près de 3000 élèves, montre que l'écart entre les résultats des élèves de 1987 et ceux de 2005 est en moyenne de deux niveaux scolaires. Il apparait que les élèves de 5e de 2005 font la même quantité de fautes que les élèves de CM2 il y a vingt ans. Les élèves de 3e de 2005 font le même nombre d'erreurs que les élèves de 5de 1987. En 1987, 50% des élèves avaient moins de 6 fautes. En 2005, ils ne sont plus que 22%. L'écart entre les plus faibles et les plus forts s'est creusé. Le total de fautes augmente particulièrement pour l'orthographe grammaticale.

La baisse du niveau scolaire en français est attribuée notamment à la réduction d’heures allouées à cet apprentissage depuis 1976

Le Collectif Sauver les lettres (http://www.sauv.net) rappelle que les horaires de français n’ont cessé de se réduire depuis trente ans : en 1976 , un lycéen recevait 800 heures de français de plus que son homologue d'aujourd'hui. Le lycéen d'aujourd'hui a le niveau en grammaire qu'avait l'élève en milieu de 5en 1976. (http://www.sauv.net/horaires.php).
Selon le Collectif Sauver les lettres, la carence des élèves en français tiendrait à l’abandon d’un apprentissage rigoureux de la grammaire et aux déplorables méthodes constructivistes mises en place, mais aussi à la réduction du nombre d’heures d'apprentissage de cette matière.

Comparaison d’une dictée du brevet de 1988 effectuée en 2000 puis 2004

Sur le site du Collectif Sauver les lettres, on peut y trouver une étude inédite : http://www.sauv.net/eval2004analyse.php
Des professeurs de lycée avaient fait passer une dictée assortie de questions de grammaire à 2300 élèves de seconde générale ou technologique.  Les professeurs avaient corrigé les copies à partir des barèmes et consignes en vigueur jusqu'en 1999 au brevet des collèges. Ils avaient enfin comparé les résultats avec ceux d'une expérience comparable menée en 2000. Le résultat est sans appel, selon le collectif : «De 28 % d'élèves en 2000 qui ont eu zéro à la dictée du brevet de 1988, la proportion est passée à 56 % en 2004.»

Étude portant sur l’épreuve du brevet des collèges de 1976 effectuée entre 2000 puis 2008

Sauver les lettres

Entre 2000 à 2008, des professeurs de lycée de grandes villes et de villes moyennes, à Paris, en banlieue et en province, avaient fait passer à leurs élèves de 2nde, en début d’année, l’épreuve de français du brevet des collèges de 1976 : une dictée d’une douzaine de lignes, de difficulté moyenne (pas de subjonctif, pas d’accord de participe passé avec l’auxiliaire "avoir") suivie de questions de vocabulaire et de grammaire. Afin de ne pas pénaliser deux fois les élèves, le texte de la dictée avait été distribué accompagné des questions. Le barème appliqué était celui de 1976 (moins un point pour les fautes lexicales, moins deux points pour les fautes grammaticales).

Les résultats sur la dictée

  • 13,9% des lycéens ont obtenu la moyenne. En 2004, ils étaient 17,9% et en 2000, ils étaient 30% …
  • 86% des lycéens n'ont pas eu la moyenne ! en 2004, ils étaient 82% et en 2000 ils étaient 70% …
  • 58% ont eu zéro. En 2004, ils étaient 56,4%  et en 2000, ils étaient 27,95% … On est donc passé d’un élève sur trois à près de deux élèves sur trois !

Afin d'affiner l’analyse, on remarquera que :

  • près d’un élève sur deux (48,44%) a fait plus de quinze fautes.
  • près d’un élève sur trois (28,85%) a fait plus de vingt fautes (!)
  • 8,5% des élèves ont fait plus de trente fautes sur un texte simple.

Il a été observé aussi que 80% des fautes sont des fautes de grammaire (accords et conjugaison).

En 2008, l'exercice de conjugaison consistait à faire passer à la troisième personne du pluriel deux verbes qui sont au passé simple, et de les mettre au singulier ("il ouvrit" et "il laissa"). Résultat: 43,8% des lycéens ne savaient pas le faire ! 43,2% des lycéens ignoraient les valeurs de l’imparfait et 47,6% des lycéens méconnaissaient celles du passé simple.

http://www.sauv.net/eval2008analyse.php


Évaluation des connaissances en français des élèves à l'entrée en classe de CE2 réalisée par la direction de la programmation et du développement du ministère de l'éducation nationale (1999)

La non-maîtrise des savoirs fondamentaux (Sénat, 1999)L’étude révèle qu'à l'entrée du CE2, 22,6 % des élèves ne maîtrisaient pas les compétences de base en lecture.
À l'entrée en 6e, 61,9 % des élèves obtenaient un score moyen aux tests de français.

Pour ce qui est des mathématiques, 54,7 % des élèves obtenaient un score moyen.
L’étude révèle que les exercices de mathématiques où les activités exigeaient une réflexion sur la langue étaient générateur de réelles difficultés.

https://www.senat.fr/rap/r98-3281/r98-328115.html


Fautes de grammaire et d'orthographe chez les salariés

baromètre du Projet Voltaire datant de juin 2015Selon le dernier baromètre du Projet Voltaire datant de juin 2015, en moyenne, en entreprises, les Français maîtrisent à 54% les règles d'orthographe.

En 2010, les  femmes maîtrisaient 53% des règles d'orthographe contre 45%  chez les hommes.

L'écart était alors de 8 points.

En 2015, les  femmes maîtrisent 48% des règles d'orthographe contre 43%  chez les hommes.

En 5 ans, la baisse de niveau est moins prononcée chez les femmes qui perdent 2 points alors que les hommes perdent 5 points.

Au collège, 26% des collégiens maîtrisent les règles d'orthographe contre 35% chez les lycéens, et contre 43% chez les étudiants.

http://www.projet-voltaire.fr/documents/barometre_voltaire.pdf


Études portant sur la vision des employeurs concernant l’importance de l’orthographe et de la grammaire chez leurs salariés

Étude réalisée par Christelle Martin Lacroux, Chef du Département Techniques de commercialisation -Université de ToulonDe nombreuses études anglo-saxonnes révèlent que les employeurs sont soucieux d’embaucher des salariés qui maîtrisent la grammaire et l’orthographe. Les fautes d'orthographe généreraient des coûts en termes de dégradation de l'image de l'entreprise, mais également auprès des autres partenaires de l'organisation et des clients.
L’étude Johnson & Duffett, (2002) révèle que plus de 70% des employeurs considéraient que le niveau des étudiants en compétence grammaticale était qualifié de moyen, voire faible.

L'étude de Christensen & Rees (2003) exprimait une insatisfaction des employeurs quant au niveau de grammaire des candidats. C'était dans le domaine des compétences écrites que les employeurs semblaient les moins satisfaits de leurs candidats.
L’étude demandait aux employeurs de classer les compétences de leurs futurs salariés par ordre d’importance. La priorité pour les recruteurs était en 1: l’utilisation d'une grammaire correcte, en 2, savoir rédiger d’une manière claire; et en 3, avoir une orthographe correcte.

Même analyse en Angleterre (Kotzee & Johnston, 2010) où 40% des employeurs manifestaient une insatisfaction envers des candidats, due à leur mauvaise grammaire et ponctuation.

L'étude de 2004 de Miller & Luse sur 320 chefs d'entreprises affirmait que l'utilisation correcte de la grammaire faisait partie des compétences considérées parmi les plus importantes.

Une expérience menée par Drouallière en 2013 révélait que si un candidat (qui postulait pour une offre d'emploi commercial) envoyait son dossier de candidature sans fautes d'orthographe, il augmenterait de 56% ses chances d'être convoqué pour un entretien.

Une étude réalisée en 2003 par Krapels & Davis révèle qu'au sein du cabinet de recrutement Eurobase People, sur 60 000 candidatures reçues, 60% seraient rejetées dues aux lacunes en grammaire, ou en ponctuation ou en orthographe.

L'ensemble des études dans cette thèse sont anglo-saxonnes. Cependant les recruteurs français sont insatisfaits également. Et si la presse généraliste relate ce fait dans des articles, aucune étude a été faite sur la cible des recruteurs.

Étude réalisée par Christelle Martin Lacroux, Chef du Département Techniques de commercialisation -Université de Toulon
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01295234/document


Sondage de 2013 sur  les 18-24 ans à propos de la grammaire et l’orthographe

Les Timbrés de l'OrthographeEn novembre 2013, un sondage a été publié par les Timbrés de l’orthographe et le Projet Voltaire. Ce sondage a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 989 personnes âgées de 18-24 ans.  Dans l'ordre, le point qui leur pose le plus problème est la grammaire (pour 44% d'entre eux).  Puis vient la conjugaison (pour 40% d'entre eux) puis l’orthographe (pour 16%).

55% des sondés affirment utiliser «systématiquement» Internet pour vérifier la bonne orthographe d’un mot .

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/grammaire-et-conjugaison-le-cauchemar-des-jeunes-francais-3316/

Loïc Drouallière, enseignant-chercheur à l’université de Toulon est l’auteur du livre « Orthographe en chute, orthographe en chiffres»
Il a réalisé une étude dans lequel il s’inventait deux personnages avec deux CV chacun.
L’un comportait des fautes d’orthographes, l’autre aucune. Le résultat est sans appel : celui qui fait zéro faute avait 60% de chances de décrocher  un entretien d’embauche.

Par ailleurs, Loïc Drouallière a étudié les copies d’examen de fin de première année d’étudiants de sciences économiques sur les 20 dernières années.
La conclusion est accablante : la moyenne des fautes est de 5,92 % en 2012 contre 2,73 % en 1994. On est passé du simple au double !

Michael Hiroux, co-fondateur de la plateforme d'apprentissage en ligne Orthodidacte, propose un test initial pour évaluer les difficultés. Depuis 2010, et sur 60 000 étudiants,  « un étudiant sur deux souffre de problèmes d’orthographe. 30 % de ceux que nous avons testés sont en grande difficulté et commettent des fautes très grossières ».
http://www.lemonde.fr/education/article/2015/09/23/trop-d-etudiants-faches-avec-l-orthographe_4767764_1473685.html

Pour finir, ce déclin dans l'enseignement public entraine la défiance des parents. Le nombre d’élèves allant dans l’enseignement privé augmente :

http://www.lesenquetesducontribuable.fr/2015/10/12/les-ecoles-sous-contrat-en-liberte-surveillee/49776

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